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L’EGYPTE, Berceau de la parfumerie.

La découverte du feu permit aux premiers humains d’apprécier les odeurs des fumées émanant des plantes, des écorces et des fleurs que l’on brûlait. Au fil du temps et des recherches, on essaya d’élaborer des parfums et de les conserver pour satisfaire le sens olfactif.

L’Egypte antique, premier pays producteur et exportateur dans tout le Bassin méditerranéen, fut à l’origine du commerce de luxe des parfums, des onguents et cosmétiques.

Ainsi, les premiers parfumeurs en Egypte ancienne ont été les grands prêtres qui utilisaient principalement la cannelle et l’encens en fumigation dans les temples où se préparaient aussi parfums et onguents. Les parfums accompagnaient les humains tout au long de leur vie et les rituels religieux symbolisaient le lien entre les hommes et les divinités solaires.

Et le premier parfum célèbre, le kyphi.

La fumigation consistait à placer les plantes, les épices, les bois et résines et toutes les matières odorantes sur une source de chaleur pour que, chauffées, elles dégagent leurs molécules parfumées d’où l’origine du mot parfum « per fumum » (en latin, par la fumée, la vapeur).

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Les Egyptiens maîtrisaient les techniques d’embaumement et d’aromathérapie. Il fallait parfumer les corps des défunts pour qu’ils puissent être bien accueillis par les dieux. 

Les parfums participaient à l’élévation de l’âme et assuraient leur protection. On a retrouvé dans des tombeaux, comme celui de Toutankhamon, 3000 jarres à parfums toujours odorantes.

Une autre technique, celle de l’absorption ou enfleurage a vu le jour. Pour récupérer les molécules odorantes de résines, de plantes et de fleurs, on les a baignées dans de l’huile végétale, de la graisse animale, ou même de la cire d’abeilles.

Les onguents et huiles parfumés avaient un usage profane, cosmétique, hygiénique, ou médical. Les Egyptiens et les Egyptiennes très soucieux de propreté s’aspergeaient d’eau parfumée et se lavaient avec l’ancêtre du savon (le souabou) fabriqué à base de « natron » bicarbonate de soude à l’état naturel, de cendres et d’argile.

Chaque matin, au lever, on se lavait car chaque famille, même la plus pauvre, disposait au moins d’une bassine et d’une cruche. On se nettoyait les dents avec une pâte à base d’argile et de menthe. Et pour une haleine agréable, on suçait des pastilles à base de kyphi et de miel.

Hommes et femmes se maquillaient le visage avec une préparation d’ocre mélangée à du bois de santal et les yeux, avec du khôl (pâte à base de poudre de galène mélangée à de l’huile ou de la graisse) dont le tracé noir accentuait le regard.

Lorsqu’on rentrait à la maison le soir, on enlevait sa perruque (car par hygiène on se rasait la tête), on prenait un bain, et l’on se démaquillait avant le repas du soir.

Du matin au soir, les cosmétiques et l’hygiène personnelle faisaient donc partie des rituels quotidiens de chaque Egyptien. L’objectif essentiel étant de rendre l’existence terrestre digne d’accéder à l’éternité, le soin de son apparence physique et celui de sa santé étaient des priorités. La vie et la mort étaient comme un voyage continu jusqu’à l’au-delà qui devait être agréé par les dieux.

Aussi utilisait-on, pour cela, des cosmétiques et des remèdes contenus dans des palettes à fards, vases, pots à onguents, fioles et jarres à parfums, en terre cuite, ivoire, diorite polie, albâtre et, plus tard, en pâte de verre que l’on a retrouvés dans les tombeaux des pharaons.

On dit que Cléopâtre adorait se parfumer et qu’elle s’était inondée et entourée de parfums envoûtants pour séduire, non sans arrière-pensées  politiques, le consul romain Marc-Antoine en l’an 41 avant J C.

Le Kyphi (signifiant : deux fois bon) parfum sacré, le plus connu, le plus cher et le plus recherché de l’époque était une sorte d’encens à base de résines utilisé le soir en fumigation pour les rituels religieux, mais aussi pour les soins hygiéniques et médicaux.

Sa fragrance résinée et épicée à l’arôme capiteux était envoûtante. Plutarque, historien de la Rome antique le décrit :

« C’est un parfum composé de seize ingrédients, de miel, de vin, de raisins secs, de souchet, de résine, de myrrhe, de jonc odoriférant, d’asphalte, de feuilles de figuier, d’oseille, des deux espèces de genièvre, le grand et le petit, de calamus, de cardamome et de roseau aromatique. Ces ingrédients ne sont pas mêlés au hasard, mais dans une proportion prescrite par les livres sacrés, qu’on lit à mesure, à ceux qui sont chargés de composer ce parfum. »

En 2002 une équipe de chercheurs du CNRS et une parfumeuse ont tenté, en se basant sur les récits de Plutarque et les recettes inscrites sur les murs du temple d’Horus à Edfou de redonner vie à « l’encens des pharaons », pour en libérer les substances aromatiques qui, selon Plutarque, avaient le don «d’apporter le sommeil, apaiser l’anxiété, égayer les songes et libérer leur magie surtout la nuit»c’est à dire d’être aphrodisiaques.

Après les cinq étapes du broyage au mortier des différents ingrédients solides, et l’ajout du vin de palme, la macération, le filtrage, l’équipe mit au soleil le mélange et, après évaporation, obtint l’encens solide qui, en brûlant libéra tous ses parfums intenses. Le kyphi était ressuscité ! Ses cendres sont exposées au Musée du Caire.

Le kyphi et ses nombreuses variantes ont traversé les siècles puisqu’on le retrouve encore dans la pharmacopée du 18ème siècle et, qu’actuellement on peut l’acheter copié, librement adapté avec plus ou moins d’authenticité, en boutique.

Peut-être, qu’avec ses mots, le poète Charles Baudelaire dans « Les fleurs du mal » permet à notre sensibilité, de mieux comprendre le charme profond, magique et enivrant du parfum ?

« Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,

Doux comme des hautbois, verts comme les prairies,

-Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,

Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,

Où chantent les transports de l’esprit et des sens. »

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