En bref : Nodie’s est une maison de maroquinerie indépendante installée à Romans-sur-Isère, dans la Drôme. Deux de ses sacs ont été portés par la reine Rania de Jordanie. Son nouveau modèle, Nouvelle Lune, est un sac hobo asymétrique vendu 520 €, dont la poignée est tressée à la main en 45 minutes, à partir de chutes de cuir.
Il y a des sacs que l’on reconnaît à leur logo, et d’autres que l’on reconnaît à leur ligne. Chez Nodie’s, on a clairement choisi son camp. Cette petite maison française ne cherche pas à afficher son nom en grand sur le cuir. Elle préfère qu’on remarque d’abord une courbe, une forme, un détail.
Et visiblement, ça marche : deux de ses modèles, fabriqués dans son atelier drômois, ont été portés par la reine Rania de Jordanie, l’une des femmes les plus observées au monde pour son élégance.
De Romans-sur-Isère à Amman
Le contraste a quelque chose de savoureux. D’un côté, un atelier où des maroquinières coupent, cousent et assemblent à la main. De l’autre, la garde-robe d’une reine. La maison ne fait pas de cet épisode le cœur de son histoire, mais elle y voit une confirmation : on peut miser sur le dessin plutôt que sur le logo, et être remarquée quand même.
Romans-sur-Isère n’est pas un décor choisi au hasard. La ville a longtemps été l’une des capitales françaises de la chaussure et du cuir, celle de Charles Jourdan et de Stéphane Kélian. Beaucoup d’ateliers ont fermé depuis. Nodie’s, elle, a choisi d’y tout faire : le dessin, la coupe, l’assemblage et le contrôle. Cabas, sacs seau, mini-sacs bandoulière, bowling, bananes… toute la gamme prend forme au même endroit.

Nouvelle Lune, le hobo revu par Tine Collard
La créatrice de la maison, Tine Collard, a un vocabulaire bien à elle : l’asymétrie et les courbes. On le retrouve dans les trois pièces qui forment aujourd’hui la ligne de haute maroquinerie de Nodie’s : L’Iconique, Côme et la petite dernière, Nouvelle Lune.


Avec ce nouveau modèle, elle s’attaque à un grand classique du vestiaire féminin, le sac hobo, souple et porté à l’épaule. Pas question pour autant d’en signer une énième version. Il a fallu plusieurs mois, des dizaines de prototypes et une centaine d’heures de développement pour aboutir à cette silhouette inspirée de la courbe d’une lune naissante.
Le résultat est asymétrique, fluide, et pratique avec ça : Nouvelle Lune se porte à la main, à l’épaule ou en bandoulière. Précommandé depuis la mi-juin, il arrive en ce moment chez ses premières clientes.
45 minutes pour une seule poignée
C’est en s’approchant qu’on comprend ce qui fait le caractère du sac : sa poignée tressée. Les bandes de cuir sont découpées dans les chutes de la propre production de Nodie’s, puis entrelacées une à une, entièrement à la main. Aucune machine n’intervient à cette étape.


Il faut près de 45 minutes à une maroquinière pour terminer une seule poignée. La régularité du tressage dépend de son geste, de la tension qu’elle donne au cuir et de son expérience. Découper, préparer, entrelacer, ajuster : ce détail n’a rien d’un simple décor, c’est un savoir-faire que l’on voit.
Le clin d’œil à l’histoire locale est assumé. À Romans, le tressage évoque forcément Stéphane Kélian, que Tine Collard a d’ailleurs rencontré à la boutique à l’été 2025. Nouvelle Lune ne copie pas cet héritage, il le transpose dans une forme d’aujourd’hui. Et au passage, des chutes de cuir qui auraient pu rester dans un coin de l’atelier trouvent une seconde vie.
Des machines Charles Jourdan qui reprennent du service
Autre détail qui nous a plu : dans l’atelier, plusieurs machines à coudre viennent des anciens ateliers Jourdan. Récupérées puis restaurées, elles se sont remises au travail chez Nodie’s. Certaines portent encore leur plaque Charles Jourdan, avec le numéro de téléphone de l’époque.


Plutôt que de tout remplacer par du matériel neuf, la maison fait tourner des machines conçues pour durer, à deux pas de l’histoire industrielle qui les a vues naître. Pour les Journées européennes du patrimoine, en septembre, Nodie’s avait d’ailleurs proposé aux médias de venir filmer ses maroquinières à l’ouvrage. Un patrimoine qu’on ne met pas sous vitrine, et qui continue de produire.
520 € : la haute maroquinerie sans le prix à quatre chiffres
Reste la question qui fâche souvent dans le luxe : le prix. Nouvelle Lune est affiché à 520 €. Pour un sac dessiné et entièrement fabriqué à Romans-sur-Isère, avec une poignée qui demande à elle seule trois quarts d’heure de travail, le positionnement est assumé face aux grandes maisons dont les modèles phares dépassent largement les mille euros.

Nodie’s ne se bat pas avec les mêmes armes : une petite production, des gestes préservés et une identité que l’on reconnaît au premier coup d’œil. La maison rejoint ainsi la famille des marques que nous présentons dans notre guide des alternatives aux sacs de luxe, avec une particularité : ici, tout est fait en France, dans un seul et même atelier.
Ce que l’on en retient
On associe encore trop souvent le luxe à une signature géante et à une étiquette à quatre chiffres. Nodie’s rappelle qu’il peut aussi tenir dans une courbe bien dessinée et dans 45 minutes de patience. Si vous cherchez un sac qui se remarque sans crier son nom, et que vous aimez savoir où et comment il a été fabriqué, Nouvelle Lune mérite qu’on s’y attarde.
Pour prolonger : les marques du quiet luxury et notre guide complet des sacs de luxe. Le site de la maison : nodiesofficiel.fr.
Questions fréquentes sur Nodie’s
Où sont fabriqués les sacs Nodie’s ?
Dans l’atelier de la maison à Romans-sur-Isère, dans la Drôme, du dessin jusqu’au contrôle final.
Combien coûte le sac Nouvelle Lune ?
Le sac Nouvelle Lune est vendu 520 €. Il se porte à la main, à l’épaule ou en bandoulière.
La reine Rania porte-t-elle vraiment des sacs Nodie’s ?
Oui, deux modèles fabriqués dans l’atelier de Romans-sur-Isère ont été portés par la reine Rania de Jordanie.
Qui est la créatrice de Nodie’s ?
Les sacs sont dessinés par Tine Collard, qui fait de l’asymétrie et des courbes la signature de la maison.



